Culture hors-sol et occupation du territoire

Envisager de repenser l'espace des villes est une des clés de la ville de demain. Une ville plus verte et moins polluée.

La culture « hors-sol » porte en son nom sa principale qualité: elle permet de libérer les sols en valorisant les surfaces verticales, les toitures, les terrasses, les balcons; les plans « hors sol ».

Ceci ne veut pas dire que l’espace au sol doit être négligé mais pose plutôt la question de la pertinence de la libération de l’espace public pour y installer, par exemple, des jardins de pleine terre. Ces mêmes jardins sont chaque fois réservés à des groupes restreints et occupent un terrain dont le prix foncier défie toute perspective de rentabilité. Autrement dit, la démocratie, les conditions du bien-être et l’efficience d’une production vivrière en milieu urbain doivent, pour s’exercer, trouver d’autres moyens.

De plus, la terre appropriée à la culture de végétaux consommables en ville est rare. Nous habitons sur d’anciens sites industriels profondément pollués. Les sols perméables concentrent à leurs abords les pollutions et ne permettent pas à la terre de se régénérer, donnant souvent des récoltes chargées en pollution malgré l’usage de procédés de permaculture.

Cependant, ces espaces peuvent faire l’objet d’un autre type de culture destinée à épurer et régénérer les sols.

La libération des sols nous permet d’envisager la ville non plus comme une étendue que nous présente le découpage parcellaire, mais comme un système ordonné où le plan du sol représente le bien commun et les plans horizontaux hors-sol l‘espace individuel et collectif, la dimension verticale créant la jonction.

La culture hors-sol, dans son intégration aux architectures présentes et à venir tire parti de la densité: Cette technique praticable à l’échelle individuelle trouve sa véritable pertinence dans la mise en commun des moyens et des pratiques.  Travailler à l’élaboration de la ville dense dont nous retrouvons la typologie à travers les quartiers anciens du centre nous oblige à mettre en œuvre des techniques d’aménagement de l’espace privé et public spécifiques.

La superposition de plans horizontaux -toitures, terrasses ou balcons- où celui du sol est libéré et les plans supérieurs et inférieurs connectés entre eux par des aménagements collectifs forme un système où l’espace individuel s’enrichit de sa connexion avec les autres.

 

Outil d’esthétisation, de réhabilitation, de gestion climatique et support fédérateur; l’intégration de la végétalisation des bâtiments dans la planification urbaine et dans les projets de réhabilitation et de construction dès la conception nous permet d’envisager la ville comme un nouvel espace de production, mettant à l’oeuvre des cercles vertueux de fabrication, de jouissance et de transformation de notre environnement matériel.

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